
Au mois de mars dernier, j’ai demandé à Milaine Richer-Bond, de Mont-Blanc, ses résultats d’analyses de 2024. Elle m’a fourni une foule de données intéressantes échelonnées sur plusieurs années. Milaine fait certaines analyses semblables à celles qu’on fait avec le RSVL, mais elle mesure aussi d’autres variables intéressantes. Voici donc un résumé de l’état de santé de notre lac, basé sur les résultats de Milaine et du RSVL.
Il y a d’abord les trois variables qui mesurent l’état de vieillissement du lac, soit la chlorophylle, le phosphore et la transparence. Ces trois données sont stables depuis qu’on les mesure, soit plus de 20 ans. Il y a des pointes parfois, mais on ne note aucune tendance vers le vieillissement. J’ai fait la moyenne des données du RSVL sur 20 ans et j’ai inclus les données de Milaine et voici les résultats :
Chlorophylle: 1.54 ug/L
Phosphore: 4.2 ug/L en surface et 5.94 ug/L à 10 mètres de profondeur
Transparence: 6,25 mètres
Il y a 6 stades de vieillissement d’un lac et ces résultats indiquent que nous sommes au premier stade. Ce qui est encourageant, c’est que nous sommes à ce même stade depuis 20 ans.
Milaine mesure aussi d’autres variables et elle m’a transmis les résultats sur plusieurs années. Par exemple, elle mesure la conductivité, qui est un indice de la pollution de l’eau. La conductivité de l’eau du lac est de 29 uS/cm en surface, stable depuis 2009, et augmente jusqu’à 72 uS/cm à 15 mètres de profondeur. On dit que la conductivité de l’eau des lacs et rivières varie généralement entre 100 et 1000 uS/cm, alors on n’a pas de problème de ce côté.
Milaine a aussi mesuré un pH de 6.85 en surface qui descend progressivement jusqu’à 5.87 à 15 mètres de profondeur. Notre lac est donc légèrement acide, surtout au fond, mais rien d’anormal puisqu’un pH de 6.5 et plus est considéré comme idéal pour la vie aquatique et c’est seulement avec un pH inférieur à 5.5 que la vie aquatique est affectée. Cependant, j’ai comparé ces résultats avec ceux mesurés en 2010 et le lac s’est acidifié. On est passé d’un pH de 7.6 à un pH de 6.85 en surface entre 2010 et 2024.
Enfin, en 2024, Milaine a mesuré l’oxygène dissous selon la profondeur. Elle obtient un résultat de 9 à 13 mg/L de la surface jusqu’à 11 mètres de profondeur, mais à plus de 11 mètres, la concentration diminue rapidement et à 15 mètres, il ne reste que 0.86 mg/L. Il faut 6 mg/L ou plus pour maintenir les poissons en bonne santé, mais les concentrations de 3 mg/L ou moins sont mortelles pour plusieurs espèces.
Le manque d’oxygène en profondeur était aussi mesuré en 2010 et c’était noté comme un point faible pour le lac. C’est aussi un problème fréquent dans les lacs de plus de 10 mètres de profondeur. Cependant, la concentration d’oxygène a augmenté de plus de 10% à toutes les profondeurs entre 2010 et 2024, ce qui est une bonne nouvelle.
Voilà! Ça fait bien des chiffres, mais en conclusion, notre lac est en bonne santé et n’a presque pas vieilli depuis les 20 dernières années. Cependant, on remarque plus de végétation au fond du lac et l’eau se réchauffe, alors il faut continuer à en prendre bien soin.