
On dit ça quelquefois de quelqu’un : il a les défauts de ses qualités. Il est bien gentil, mais il manque un peu de caractère.
Eh bien, notre lac aussi a les défauts de ses qualités et je veux vous parler aujourd’hui de deux qualités en particulier.
D’abord, le silence. Quelle différence avec la ville. Ici, à part les oiseaux et un huard de temps en temps, on n’entend rien, rien, rien. Il paraît que c’est très bon pour notre santé. Mais le défaut qui vient avec cette qualité, c’est que le moindre bruit de tondeuse, de moto, de voisins qui font la fête, bien, ça dérange mille fois plus qu’en ville. Ça contraste terriblement avec le silence, alors qu’en ville, ça se perd dans le bruit ambiant. Celui qui fait du bruit ne s’en rend pas compte, il est «dans» le bruit. En plus, le lac a une surface réfléchissante qui aide à transmettre le bruit beaucoup plus loin. Alors si quelqu’un fait du bruit, ce n’est pas un voisin qu’il dérange, mais cinq ou dix voisins.
La deuxième qualité du lac dont je voulais parler est la noirceur. Ici aussi, grosse différence avec la ville. La nuit, souvent, on ne voit rien, rien, rien. Si on lève la tête, on voit les étoiles, qu’on n’a pas vues en ville depuis des années. Cette noirceur améliore notre sommeil et contribue aussi à une meilleure santé. Mais le défaut qui vient avec ça, c’est que les lumières qui éclairent notre terrain dérangent beaucoup plus qu’en ville. À l’époque de la base de plein air, il y avait un spot qui éclairait en direction de mon chalet, situé à 500 mètres de là. Juste un petit spot de 150 watts. Au milieu de la nuit, quand les yeux se sont habitués à la noirceur, c’est aveuglant. Ça créait une ambiance de descente de police. C’était agaçant, mais pas assez pour que je me plaigne au propriétaire de la base. Il aurait quand même pu mettre un éclairage plus diffus et plus «jaune», s’il tenait pour des raisons de sécurité, à éclairer son terrain.
Je sais qu’au lac Sauvage, les gens sont respectueux et n’ont pas de mauvaise intention. On sait tous que si on parle fort dans une bibliothèque ou qu’on allume l’écran de notre cellulaire dans un théâtre, on dérange. Mais parfois, à l’échelle de notre terrain et du lac, on oublie…